Retraite progressive : âge d’accessibilité au dispositif abaissé à 60 ans dès septembre 2025
12/08/2025La retraite progressive permet aux assurés de continuer à exercer leur activité professionnelle, à temps partiel, tout en percevant une partie de leur pension de vieillesse. La réforme des retraites (LFRSS pour 2023 – décrets pris en application de cette loi) a aménagé le dispositif de retraite progressive, afin d'encourager son utilisation.
Ce dispositif, sous-utilisé en France par rapport à celui de nos voisins européens, était jusqu’à présent ouvert aux assurés ayant totalisé 150 trimestres d’assurance et atteint l’« âge légal de départ à la retraite moins 2 ans », soit, à terme, l’âge de 62 ans (assurés nés à partir de 1968).
L'âge d’entrée dans le dispositif de retraite progressive est donc fixé à 60 ans pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2025, et concernera les assurés ayant 150 trimestres d’assurance et de périodes reconnues équivalentes (tous régimes de retraite de base obligatoires confondus) (décret n° 2025-681 du 15/07/2025 - JO 23/07).
Les possibilités de refus d’un employeur, confronté à une demande de passage en retraite progressive, sont minces : l’incompatibilité de la durée de travail avec l’activité économique de l’entreprise peut seule motiver un refus (LRAR dans les deux mois). Par ailleurs, si l’employeur garde le silence pendant deux mois après réception de la demande du salarié, il sera considéré comme ayant accepté celle-ci.
Le projet de loi transposant l’ANI en faveur de l’emploi des salariés expérimentés et relatif à l'évolution du dialogue social, dont le vote définitif à l’Assemblée nationale est attendu pour la rentrée, devrait imposer des conditions plus sévères encore à l’employeur qui ne souhaiterait pas accéder à la demande de retraite progressive qui lui serait présentée.
Le projet de loi « seniors » prévoit également bien d’autres dispositions dérogatoires, telles que des règles de mise à la retraite assouplies (les employeurs auraient la possibilité d’embaucher en CDI des salariés de 67 ans et plus (âge d’attribution automatique du taux plein) et de les mettre ensuite à la retraite (ce qui n’est actuellement pas autorisé par la cour de cassation) ; il en serait de même pour les salariés seniors qui seraient embauchés sous contrat de valorisation de l’expérience).
Affaire à suivre…